Alors que Google annonce en grande fanfare un soutien massif à la technologie AMP (Accelerated Mobile Pages), l’instant semble bien choisi pour faire le point sur les évolutions qui ont marqué l’approche du moteur de recherche vis-à-vis de la plate-forme mobile.

La prise en compte du phénomène mobile

En mai 2015, Jerry Dischler confirmait la montée en puissance du mobile comme device de choix des internautes pour leurs recherches sur Google. Une tendance qui n’a fait que s’affirmer ces 5 dernières années, avec un doublement des requêtes mobile entre 2012 et 2014 sur le marché US*. Adapter ses services aux usages et aux demandes des internautes fait partie intégrante de l’ADN de Google, ce qui se reflète sur l’évolution des best practises mises en avant par le moteur de recherche.

Dans les années 2000, un site approprié pour le mobile se concevait comme un site dédié, sur un sous-domaine spécifique, avec un display et des fonctionnalités limitées pour alléger au maximum le poids des pages. Ce système devait être couplé à un balisage supplémentaire pour indiquer aux robots d’indexation les relations entre la version Desktop et la version Mobile, et avait le désavantage côté Google de forcer l’indexation de deux fois plus de page pour servir ce qui devrait être un seul et même contenu à l’utilisateur.

Le Responsive Web Design comme standard

Le taux d’équipement en smartphone et tablette et l’accès à des couvertures réseaux 3G+ et 4G va propulser sur le devant de la scène un nouveau standard de webdesign pour le mobile qui sera (et est toujours) officiellement soutenu comme étant le « modèle recommandé » par Google dès 2012 : le Responsive Web Design. Cette technologie permet d’apporter sur mobile une expérience utilisateur complète similaire à celle sur desktop, tout en permettant de concentrer les efforts SEO sur une seule URL. Pour permettre (entre autres) la bonne interprétation des pages en responsive, Google insiste sur la nécessité de laisser à Googlebot l’accès aux fichiers CSS et JavaScripts, mettant également à disposition de nouveaux outils dans Search Console pour tester la compatibilité mobile. Passant la vitesse supérieure avec ce qui sera appelé le « Mobilegeddon » en avril 2015**, Google entérine une vision du web mobile privilégiant des contenus composés complexes.

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Le projet AMP: une nouvelle donne ?

L’annonce du soutien d’AMP vient comme un coup de tonnerre dans le paysage de la recherche mobile, et apparaît comme un virage à 180° par rapport aux évolutions précédentes. Le principe d’AMP est d’avoir une structure html extrêmement dépouillée, avec à l’heure actuelle nombre de fonctionnalités qui ne sont pas supportées (frame, form, etc…). Google utilise pour promouvoir la solution un push spécifique en tête de page 1 des résultats de recherche mobile sous la forme d’un carrousel dédié aux pages AMP. Si l’on se base sur les taux de clics généralement rencontrés lorsque Google propose des éléments de l’Universal Search (bloc news, images, vidéos), on peut s’attendre à ce que 30% du trafic soit capté directement par les urls présentées dans ce carrousel. Un gain net qui attire bien évidemment l’attention des référenceurs du monde entier. Mais alors, les sites doivent-ils revoir leur stratégie SEO mobile ? Prenons le temps de la réflexion :

  • Google n’a pour le moment mentionné que les articles d’actualités et les recettes de cuisine comme étant éligible à un affichage de carrousel AMP. Si la liste va certainement aller en s’allongeant, cela indique néanmoins que toutes les requêtes ne seront pas forcément concernées
  • Le Responsive Design reste recommandé par Google dans ses guidelines, et permet un affichage et des interactions bien plus riche avec l’utilisateur que ce qui est possible avec AMP.
  • AMP a une partie « CDN gratuit » assurée par Google, et il reste des points à éclaircir sur la transmission des datas analytics et la portabilité des campagnes publicitaire sur ces pages

En conclusion, il est encore trop tôt pour mesurer le plein impact que Google compte donner à l’« AMP project », et les limites même de la solution semble la confiner à des rôles spécifiques.

Que ce soit sous la forme d’urls distinctes ou de responsive design, l’équipe performance de BusinessLab est à votre disposition si vous avez des interrogations sur la viabilité SEO de vos projets mobiles

*Source : RKG via MarketingCharts.com

**baisse de positionnement moyen de 21% dans les 3 premières pages de recherche pour les urls non « mobile-friendly » – Source : BrightEdge