« Ouais, mais elle est où la ligne de flottaison ? »,
« C’est joli mais en 600 tes blocs promo sont en dessous de la ligne de flottaison »,
« j’adoooore, mais il faut remonter ta ligne de flottaison »…
On ne compte plus le nombre de remarques de ce type faites en réunion.
Elles tombent comme un couperet, une vérité absolue, alors que certains sites semblent s’en affranchir définitivement.
Il faut se rendre à l’évidence certaines manies persistent encore au grand dam des créatifs… et des utilisateurs.
 Alors aujourd’hui, le fold : mauvaise manie ou best practice ?
 Une chose est sûre, depuis quelques années nos habitudes de navigation, nos reflexes de recherche, notre façon de consommer changent considérablement, et à une vitesse étonnante.
Pensez qu’en 2010, 2 millions de personnes utilisaient encore le minitel* (service fermé le 30 juin 2012 !!!) !!!
Alors oui, les habitudes changent, notamment grâce à la démocratisation massive des tablettes et smartphones où le scroll est évidemment indispensable.
Aujourd’hui, il se vend plus de tablettes que d’ordinateurs…
 Et si la tablette prend petit à petit le pas sur le desktop, il y a fort à parier que les habitudes de navigation suivent… scroll compris.
Preuve en est cette récente étude de Chearbeat** qui met en avant 2 données qui redonneront certainement le sourire au plus blasé des créatifs :
  • La partie située sous le fold bénéficie de 80% de visualisation
  • La partie située entre 550 pixels (la hauteur moyenne du fold) et 1200 pixels est « lue » 3 fois plus longtemps que celle située au-dessus du fold.
 Même notre bon vieux e-commerce, qui parfois à la peau dure, n’échappe pas au scroll, et donc à la disparition « possible » (je pondère un peu, car mon patron lira certainement cet article) de la ligne de flottaison.
Une autre étude*** vient de démontrer que les acheteurs scrollent 25% de fois plus que les non acheteurs !
Cette étude démontre aussi, et donc, l’importance du footer qui devient désormais un élément incontournable d’un site. En 3 ans seulement, le nombre de personnes utilisant le footer a augmenté de 200% !
 Alors oui, cette barrière virtuelle est rassurante pour les annonceurs, elle est une caution de notre « expertise » web et de ses best practices.
Mais en dehors de ces constats chiffrés, il suffit de se référer, basiquement certes, à notre propre utilisation.
Combien d’entre nous ouvrent une page web et attendent qu’il se passe quelque chose ?
A contrario, combien d’entre nous ont pour premier (ou deuxième) reflexe de « mesurer » en scrollant la profondeur de la page consultée puis de remonter pour lire ?
 Si les sites que nous fabriquons aujourd’hui n’ont pas forcément vocation à bouleverser les tendances, ils doivent à minima en épouser les formes et proposer des expériences digitales conformes aux nouvelles habitudes de nos chers lecteurs.
 * Oh mon dieu !
*** Etude menée par Content Square sur le taux de scroll et réalisée sur 50 millions de visites multi-device, réparties sur plus de 100 sites e-commerce leaders français de tous secteurs, d’août 2013 à novembre 2014.