Rassurer son client sur un périmètre fonctionnel, un calendrier et un budget a entrainé une habitude historique à contractualiser au forfait nombre de projets réalisés en Agence.
Sur le papier, c’est une pratique «idéale» pour l’annonceur….
«In Real Life», le forfait à prouvé ses limites : Peu de souplesse, peu de réactivité permise quand au changement dans le cadre de cette «forfaitisation» ce qui peut, dans une majorité de cas, entrainer un décalage marqué entre le planifié et l’attendu : nécessitant logiquement une sur-contractualisation (Avenants / Maintenance évolutive,..)
Au final, le planning et souvent les coûts ne peuvent donc pas être respectés pour atteindre un périmètre fonctionnel réaliste et satisfaisant.
Que peut-on alors attendre de l’Agilité dans ce contexte ?
Un mode de collaboration possible consisterait à définir avec son client une priorisation de l’ensemble des fonctionnalités à réaliser et de lui mettre à disposition le plus tôt possible un prototype fonctionnel grossissant au fur et à mesure des itérations.
Les principaux avantages de ce fonctionnement sont :
- Identifier au plus tôt les écueils de perceptions du besoin
- Garantir un meilleur niveau de qualité finale du produit
- Favoriser un plus grand taux d’adhésion (clients et utilisateurs)
- Se garder la possibilité de changer de priorité et/ou de périmètre en cours de projet
Un certain nombre d’annonceurs a intégré depuis longtemps des principes agiles pour faire face à son marché, ses clients ou utilisateurs mais pour les autres plus «réfractaires» au changement, la route est encore longue…..La problématique principale est donc de trouver l’équilibre en termes de risques, qualité, coûts et délais : une réponse «hybride» est donc à imaginer :
- Injecter des principes agiles (gestion de la priorité) notamment dans les phases de conception et développer au forfait
- Respecter le principe des itérations courtes et de la mise à disposition d’un prototype au plus tôt sur la base de spécifications fonctionnelles détaillées.
Dans un univers concurrentiel fort et/ou sur Internet la réactivité est un facteur déterminant, il semble difficile aujourd’hui de ne pas retenir le principe des cycles de développement courts, plus adapté aux évolutions constantes des enjeux et des besoins.
Une tendance forte ces deux dernières années, révèle que certains annonceurs sont déjà agiles, parfois même sans le savoir, en priorisant leurs besoins ou en lotissant leurs projets.
Mais l’évolution se fait aussi dans les mentalités en passant d’une relation de client-fournisseur à une approche «en partenariat» qu’il s’agisse de développements au forfait des différents lots ou d’une gestion des priorités et des fonctionnalités à plus forte valeur ajoutée
En conclusion, cette hypothèse hybride permet de maximiser les chances de réussite du projet, tout en minimisant les risques de part et d’autre, grâce notamment à une validation de la démarche -et des livrables- au début et tout au long du projet.


Bonjour,
Je comprends bien votre volonté de coller à la demande client dans votre démarche… Cependant, comment évitez-vous l’écueil du projet à « géométrie variable » qui évolue au fur et à mesure de son développement, explose les budgets et frustre tout le monde, Chef de Projet et client ?
Un des derniers billets de mon blog traite de cette question épineuse des projets mal définis au départ et relate justement l’un d’eux qui aboutit à une catastrophe
Et bien justement une des pistes de solutions consiste à jouer sur les priorités : Une nouvelle demande en cours de projet : Est elle plus prioritaire qu’une autre déjà incluse dans le périmètre initial ?
Si oui, deux possibilités :
- Oter une fonctionnalité du même grain pour la remplacer par la dernière
- Avenant contractuel
L’Agilité nous donne justement des leviers pour jongler avec les projets qui se définissent en cours de route ….. mais n’empêche pas toujours les écueils d’où l’importance de la collaboration étroite avec son client….
Bonjour Guillaume,
Avez vous des exemples de projets internes FT à réalisation pseudo agile, réalisés au forfaits avec succès ?
De ma fenêtre de simple chef de projet MOE, le problème du forfait dépasse à mon avis le simple cadre de la réalisation. C’est aussi une question de respect de contrat, contrat derrière lequel tout le monde se réfugie.
- L’intéret du prestataire est plutôt de laisser le projet déraper de son périmètre initial, puisqu’il engendre ainsi une augmentation de ses revenus, « légitimée » par les changements de cap de son client (le dérapage n’est donc pas de sa faute…). Il a également une bonne excuse à tout dérapage planning.
- Du coté du client MOE, c’est aussi (croit-il) un moyen de « tenir » le prestataire dans le respect de ses engagements. ça arrange toute la hiérarchie qui n’aime pas les incertitudes et les changements budgétaires et planning.
- Pour les maitrises d’ouvrage, il est également bien rare qu’une nouvelle demande doive en supplanter une autre, et il est tout aussi rare que les demandes soient priorisées sans contrainte budgétaire interne forte. On se situe plutôt dans l’inflation.
Bonjour Jean-Marc,
Agilité, au sens strict de sa définition, et forfait font rarement « bon ménage »…
Si on respecte la logique qu’au moins un des 3 piliers de la gestion de projet doit être flexible pour pouvoir réaliser « agile » :
- Perimêtre fonctionnel
- Coût
- Délais
Il apparait clairement que le forfait ne permet pas de pouvoir « jouer » ni sur les coûts (par définition) ni souvent sur les délais, ce qui oblige à pouvoir agir sur le perimêtre fonctionnel.
Et donc d’entrer dans nouvelle vision de gestion de projet à périmêtre variable en collaboration avec son client et donc adopter cette hybridation des méthodes.
Reste effectivement le point de la contractualisation et il est vrai qu’aujourd’hui le principal enjeu de l’Agilité est de penser un ou plusieurs nouveaux modèles contractuels et de rattraper son retard sur ce sujet par rapport aux méthodes dites classiques .